La santé mentale des enfants : une urgence encore trop négligée

Il y a des blessures qui ne se voient pas, mais qui font pourtant profondément souffrir. Chez l’enfant, l’anxiété, la tristesse persistante, le sentiment d’abandon, les traumatismes ou encore le manque d’estime de soi sont souvent réduits à de simples caprices. Pourtant, derrière un enfant qui s’isole, qui devient agressif, qui perd soudainement goût à l’école ou qui change de comportement, peut se cacher une véritable détresse psychologique. La santé mentale des enfants est aujourd’hui une urgence qui mérite toute notre attention. Et pourtant, elle reste encore trop souvent reléguée au second plan. Dans de nombreuses familles, parler de souffrance psychologique demeure difficile. On préfère parfois dire à l’enfant de « se ressaisir », de « ne pas pleurer » ou de « penser à autre chose », au lieu de chercher à comprendre ce qu’il traverse.À l’école également, les difficultés psychologiques des enfants peuvent passer inaperçues. Pression scolaire, harcèlement, violences, conflits familiaux, pauvreté, deuil ou exposition à des situations traumatisantes peuvent avoir des conséquences considérables sur leur développement. Or, les établissements scolaires ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour identifier et accompagner ces situations. Il faut donc changer notre regard. Un enfant qui souffre n’est pas un enfant faible. Et écouter un enfant ne signifie pas lui donner raison sur tout ; cela signifie prendre au sérieux ce qu’il ressent.La responsabilité est collective. Les parents doivent apprendre à dialoguer davantage avec leurs enfants. Les enseignants doivent être sensibilisés aux signes de détresse psychologique. Les professionnels de santé doivent pouvoir proposer un accompagnement accessible et adapté. Les pouvoirs publics, quant à eux, doivent investir davantage dans la prévention et dans les services de santé mentale destinés aux enfants et aux adolescents. Nous devons également comprendre qu’il n’est jamais trop tôt pour parler de santé mentale. Tout comme nous apprenons aux enfants à prendre soin de leur corps, nous devons leur apprendre à reconnaître leurs émotions, à exprimer leurs difficultés et à demander de l’aide lorsqu’ils en ont besoin. Il est temps d’ouvrir les yeux, de tendre l’oreille et surtout d’écouter nos enfants. Car derrière un sourire peut se cacher une souffrance. Et derrière une main tendue, il peut y avoir une vie que nous pouvons aider à reconstruire. Protéger la santé mentale des enfants, ce n’est pas seulement prendre soin de leur présent. C’est aussi construire des adultes plus équilibrés


Cet édito de Louis met en lumière avec beaucoup de justesse la fragilité émotionnelle des enfants et rappelle combien leurs souffrances invisibles méritent d’être reconnues et accompagnées avec sérieux. Il invite chacun à changer de regard et à écouter vraiment ce que les plus jeunes tentent d’exprimer, afin de leur offrir un environnement où ils peuvent grandir en sécurité et en confiance. Quelque soit le pays, le continent, les coutumes et les mentalités, il est vrai partout ! Merci Louis de l‘avoir abordé.