Rendre hommage : pourquoi attendons-nous souvent qu’il soit trop tard ?

Il y a des mots que nous prononçons trop tard. Des « merci », des « bravo », des « tu comptes pour moi », des « nous sommes fiers de toi » qui restent parfois enfermés dans nos cœurs jusqu’au jour où la personne à qui ils étaient destinés n’est plus là pour les entendre. Rendre hommage à quelqu’un est souvent associé au décès. On se réunit, on prononce des discours, on rappelle les qualités du disparu, son parcours, ses sacrifices et l’impact qu’il a eu sur la société. On publie des témoignages sur les réseaux sociaux. On partage des photos et des souvenirs. Mais une question mérite d’être posée : pourquoi attendre la disparition d’une personne pour reconnaître sa valeur ? L’hommage ne devrait pas être uniquement un acte de mémoire. Il devrait aussi être un acte de reconnaissance.Dans nos familles, nos communautés, nos lieux de travail et nos organisations, combien de personnes se battent quotidiennement dans l’ombre sans jamais recevoir un mot d’encouragement ? Combien de travailleurs, de bénévoles, d’enseignants, de journalistes, de responsables communautaires, de parents ou de simples citoyens accomplissent des actions remarquables sans que personne ne prenne le temps de leur dire : « Votre travail compte » ?Nous avons parfois une étrange habitude : nous savons parler des mérites des gens lorsqu’ils ne peuvent plus nous répondre, mais nous sommes beaucoup moins généreux lorsqu’ils sont encore parmi nous. Pourtant, rendre hommage de son vivant peut avoir une force extraordinaire. Un témoignage, une distinction, une publication, une émission consacrée à une personne, une simple parole de gratitude peuvent redonner du courage à celui qui doute, encourager celui qui se bat et rappeler à chacun que ses efforts ne sont pas vains. Rendre hommage ne signifie pas nécessairement organiser une grande cérémonie. Dans une société où la recherche de reconnaissance est parfois devenue une course aux « likes » et aux applaudissements virtuels, il est urgent de redonner du sens à la reconnaissance humaine. N’attendons pas les funérailles pour dire aux gens qu’ils ont compté. N’attendons pas qu’une personne disparaisse pour publier son portrait et découvrir soudainement toutes ses qualités. N’attendons pas le dernier hommage pour raconter son histoire. Donnons aux vivants la possibilité d’entendre ce que nous pensons d’eux. Car l’hommage le plus précieux n’est peut-être pas celui que l’on prononce devant une tombe. C’est celui que l’on offre à une personne qui est encore là, qui peut l’entendre, le recevoir et continuer son chemin avec davantage de courage. Rendre hommage, c’est honorer une personne. Mais rendre hommage à temps, c’est aussi lui donner la force de poursuivre son œuvre.

Louis LOKOU

Un commentaire sur “Rendre hommage : pourquoi attendons-nous souvent qu’il soit trop tard ?

  1. Ton texte, Cher Louis, met en lumière une vérité essentielle avec beaucoup de sensibilité. Il rappelle que la reconnaissance donnée de son vivant est un cadeau précieux, capable de nourrir le courage et la dignité. En le lisant, on ressent une invitation bienveillante à transformer nos paroles retenues en gestes de gratitude immédiats, pour que l’hommage devienne une force qui accompagne et élève. Merci pour ce rappel oh combien important !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *